La fille un peu louche de Descartes n’a plus la cote
Les Passions de l’âme. Voila une œuvre philosophique majeure mais qu’on ne lit pas assez. Quel est donc nous dit Descartes le mystérieux ressort qui nous fait aimer quelqu’un ? N’est-ce pas un trait de son visage, de sa silhouette qui nous rappelle sans que nous en ayons conscience un autre être que nous avions aimé à cause précisément de ce trait ?
Ainsi, le jeune René Descartes s’éprend-il d’un jeune fille dont les yeux sont un peu divergents et s’aperçoit plus tard qu’il a une inclination presque naturelle pour toutes les femmes qui présentent ce même trouble de la vision.
En bref, ce que nous dit le philosophe, c’est que notre passion pour quelqu’un est parfois la conséquence non pas de ce qu’est cette personne mais d’une particularité de cette personne qui rappelle une autre personne que nous avons aimé. Cette particularité devient le symbole de l’amour.
Belle théorie que la plupart d’entre nous peuvent rétrospectivement vérifier. Mais est-elle toujours d’actualité ? Je veux dire que dans ce monde où le beau corps est la copie conforme de la silhouette svelte et bien proportionnée des magazines, des calendriers sexy et des séries télé, y a-t-il encore une place pour cette belle idée que même la disgrâce peut encore nous faire tomber amoureux.
A l’heure où il est plus commode d’aller faire une chirurgie esthetique Tunisie pour se sentir mieux dans sa peau que de travailler sur soi et se donner des règles de vie pour mieux s’accepter et accepter les autres, on se dit que la fille louche de Descartes aurait bien du souci à se faire.
Les nez bombés, les oreilles en feuille de chou, les rides, la bedaine, les grosses fesses, les gros mollets : qui aujourd’hui trouverait du charme à ces petites anomalies dont les médecines de la beauté nous disent ( mais elles le font car on le veut bien) qu’elles peuvent être corrigées sous peine de ne pas être en harmonie avec soi.























